par son domaine maritime |
janvier 2012
Nous avons souvent des raisons de déplorer le marasme dans lequel des hommes politiques irresponsables plongent notre pays. Un nombre grandissant de Français comprend que le retour à la prospérité passe par la remise à plat des accords de sujétion passés sous prétexte de construire l’Europe et par une certaine dose de protectionnisme économique pour reconstruire notre industrie. Il est un autre secteur souvent oublié : l’exploitation de notre domaine maritime, reste de notre empire colonial et aujourd’hui une véritable chance pour l’avenir des Français. Combien de nos compatriotes le savent-ils ? Si la France n’apparaît qu’en 41ème place pour la surface terrestre, elle est de peu la seconde en surface maritime exploitable à des fins économiques. Avec ses 11 035 000 km2, elle est juste derrière les États-Unis, à la tête de 11 351 000 km2, et loin devant la troisième, l’Australie, forte de 8 148 000 km2. Il faut expliquer les raisons de cette chance. Au cours des siècles, nos marins et nos soldats ont conquis de vastes espaces et de nombreuses îles. Avec les décolonisations, la plupart des peuples ont réclamé leur indépendance. Quelques-uns cependant, comme les Martiniquais ou les Réunionnais sont restés Français. S’ajoutaient à cela des îlots inhabités, comme Clipperton ou Tromelin. Or, depuis le 10 décembre
1982, par décision de la « Convention
des Nations Unies sur le droit de la mer », les
États peuvent créer un espace, dit zone économique
exclusive (ZEE) jusqu’à 200 miles (370 km) au delà
des eaux territoriales sur le plateau continental (1).
Ainsi, Clipperton, avec 2 km2 de terres émergées,
nous offre une ZEE de 440 000 km2, la Polynésie
française, de Mais qu’est-ce qu’une ZEE ? Selon la Convention des Nations Unies, l’État côtier y exerce des droits souverains « aux fins de son exploitation et de l’exploitation de ses ressources naturelles ». Il est donc propriétaire des richesses maritimes, comme la faune marine, mais aussi des gisements miniers ou des réserves d’hydrocarbures. Un exemple de notre potentiel sous- marin nous a été révélé par la presse au mois de septembre dernier au large de la Guyane française (au nord de l’Amérique du sud). A 150 km des côtes, donc inclus dans la ZEE, a été découvert un champ de pétrole à 6000 mètres de profondeur (2000 m d’eau et 4000 m à travers le sous-sol océanique). Si on ne peut pas encore évaluer son étendue, on estime le gisement « très prometteur en quantité » (voir notre encadré). Le pétrole n’est pas la seule ressource exploitable. Nous savons le fond des océans parsemés de « nodules polymétalliques ». Ces concrétions rocheuses contiennent du manganèse, du nickel, du cuivre, du cobalt, de l’aluminium et du fer. Or, un gisement important sommeille au large de Clipperton. Il convient de ne pas oublier les possibilités en matière de pêche mais aussi l’exploitation, encore embryonnaire, des algues. Ces dernières représentent un substitut aux farines animales utilisées pour la nourriture du bétail. Elles pourraient aussi servir à la réalisation de biocarburants. Les possibilités économiques de nos fonds marins sont loin de s’arrêter-là
Reste à s’interroger sur les moyens mis en oeuvre pour assurer l’exploitation et la sécurisation de ce vaste domaine. Par décret du 5 juin 1984, a été créé l’IFREMER, institut chargé d’étudier la gestion de nos richesses maritimes. Cependant, son budget de 200 millions d’euros apparaît dérisoire au regard de la tâche. Nous consacrons 113 millions pour le seul budget de l’Élysée.
(1) On parle de plateau continental sous-marin
quand il y a continuité géologique avec les terres
émergées et, en général, une faible
profondeur. |
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