Qui est Alexis Tsipras ?

mars 2015

Tsipras est né le 28 juillet 1974 dans une famille de la petite bourgeoisie athénienne. Il a 15 ans au moment de la chute du mur Berlin en 1989. Alors au lycée, il a fait la rencontre de Peristera Baziana qui deviendra sa femme. Tous les deux, ils rejoignent les Jeunesses communistes.

Commence alors une vie de contestations. Dans les années 90, ils participent à la révolte des lycées et Alexis devient un élément incontournable du mouvement. Entrant à l’université, il est accepté au bureau exécutif du syndicat des étudiants de l’École d’ingénieurs civils. Puis, de 1995 à 1997, est élu au comité central de l’Union nationale des étudiants de Grèce, émanation de la mouvance communiste.

Le PC grec est néanmoins divisé. Les conservateurs ne veulent pas de l’entrée de la Grèce dans l’Union européenne. Une aile dissidente apparaît qui veut elle l’intégration et forme un nouveau parti. Pour préserver un minimum d’unité, une coalition des deux tendances est alors formée sous le nom de Synaspismos. Quand elle éclate, Tsipras reste avec les partisans de l’Europe qui conservent le nom de Synaspismos. C’est important à noter.

Le jeune homme prend alors doucement son envol. À la tête de la section jeunesse du parti, désormais nommé Synaspismos, de 1999 à 2003, en 2004 il se fait élire au comité politique central, puis au secrétariat politique. En février 2008, il décrochera la présidence du parti.

Parallèlement, en 2006, il se fait élire au conseil municipal de SYRIZA, une alliance de gauche et d’écologistes dominée par le Synaspismos. Puis en 2009, c’est la présidence de SYRIZA qu’il décroche. Il a en main sa machine de guerre pour accéder au pouvoir.
Bénéficiant de la crise économique qui s’abat sur la Grèce, il est élu député en octobre 2009. Le 6 mai 2012, à des législatives anticipées, il fait obtenir à SYRIZA le meilleur score de son histoire : 16,78%. La même année, pour renforcer son image, il fait le tour de l’Europe. En France, il rencontre Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, le patron du Parti communiste.

Mais le 17 juin 2012, nouvelles élections législatives anticipées un mois après les précédentes. Cette fois, SYRIZA obtient 26,9% des suffrages. En janvier 2015, précipitées par la dissolution du Parlement, les législatives donnent à SYRIZA 36,5% des voix. Le parti décroche 149 sièges sur 300, manquant de deux voix la majorité absolue. Nommé Premier ministre, Tsipras, pour s’assurer la majorité, s’est allié à un parti... de la droite souverainiste, les Grecs Indépendants ou ANEL.

Pas mal pour quelqu’un qui a toujours tenu un discours populiste d’extrême gauche, promettant d’augmenter les salaires, de supprimer des taxes et de renationaliser les compagnies privatisées. Ce n’est pas la moindre des contradictions du personnage. Partisan de l’intégration à l’Union européenne, comme le prouve son parcours politique, il a pourtant fait campagne promettant la rupture, cherchant à plaire à une opinion remontée à cause des privations.

En fait, plus qu’un idéologue, Tsipras est un opportuniste retors avide de pouvoir, comme commence à s’en apercevoir la Commission de Bruxelles. Il va enfumer l’Europe et les Grecs qui l’ont élu.

 Tsipras dévoilé par un proche

Un autre accord était validé le 20 février, par l’Europe, concernant la Grèce cette fois. Il est supposé, avec l’aval d’Alexis Tsipras, permettre à la Grèce de recevoir des aides tout en permettant, affirme celui-ci, « d’abandonner l’austérité ».

Tout le monde n’est pas d’accord. Un des compagnons de route de Tsipras, Manolis Glézos, a écrit de Bruxelles : « Changer le nom de la troïka en institutions, celui de mémorandum en accord et celui de créanciers en partenaires ne change rien la situation antérieure ». Puis il ajoute : « Pour ma part, je demande au peuple grec de me pardonner pour avoir contribué à cette illusion ».

Or, Glézos n’est pas n’importe qui. Tribun infatigable, âgé de 92 ans, il est célèbre pour avoir décroché le drapeau nazi du sommet de l’Acropole le 30 mai 1941, donnant le signal à la résistance contre l’occupant. Il est député de SYRIZA

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La Grèce de Tsipras veut faire chanter l’Europe

Le nouveau gouvernement grec ne cache pas sa colère face à l’Allemagne qui refuse de céder sur le terrain de la dette des Hellènes. Alors, renversant la tactique du Cheval de Troie, les Grecs menacent de laisser entrer des terroristes en Europe, dissimulés dans les cohortes de clandestins. On a entendu le ministre de la Défense grecque, Panos Kamménos, dire : « Nous donnerons des papiers à tous les clandestins sans les contrôler. Parmi eux se trouveront probablement des combattants de l’EI », L’État Islamique ou Daech, qui pourront circuler librement dans toute l’Europe. On nous opposera que Panos Kamménos n’est pas d’extrême gauche, mais le leader d’Anel, parti d’extrême droite. Sans doute, mais Tsipras a fait entrer Anel au gouvernement pour obtenir la majorité parlementaire.

Centre de Recherches sur le terrorisme depuis le 11 septembre 2001
 www.recherches-sur-le-terrorisme.com

 

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